Mouvements autour des SEL

Aktualisiert: vor 11 Stunden 13 Minuten

Résumé du livre de James Taris

5-Feb-2018

Résumé en français, avec l’accord de l’auteur, des points les plus intéressants du livre de James Taris, « The LETSaholic Twist » (qu’on pourrait traduire par « Embobiné par le LETS »ou  « Comment on devient accro au LETS »). Un LETS (Local Exchange Trading System) est l’équivalent d’un SEL dans les pays anglophones.

L’origine de l’addiction
James Taris, photographe professionnel depuis 18 ans à Melbourne, Australie, doit fermer définitivement son studio  en 1993 et se trouve ainsi désargenté et sans travail. Ayant vaguement entendu parler d’un truc qui permettrait d’acheter sans argent, il se rend donc à la permanence d’un LETS (Local Exchange Trading System), à 20 minutes en voiture de chez lui. Il paie sa cotisation, remplit une fiche d’inscription et inscrit, à la rubrique OFFRES : photographie, puisque c’est ce qu’il sait faire avec une qualité professionnelle dont il est très fier. Et il attend les demandes… qui ne viennent pas. Onze mois plus tard, alors qu’il est sur le point d’abandonner, il finit par aller à une réunion du LETS pour dire tout le mal qu’il pense de ce truc d’échange qui ne marche pas. Il est surpris par l’accueil amical, et on lui propose immédiatement de bénéficier d’un premier échange. Il se rend compte qu’il avait fait l’erreur d’attendre au lieu de proposer et celle de considérer les unités LETS comme une sorte de dollars au lieu de les voir comme des « faveurs »  qui rendent la vie plus facile et plus conviviale.  C’est après ce premier échange, un massage qu’il paie « à crédit » en points LETS qu’il n’a pas encore gagnés, qu’il est conquis et qu’il devient peu à peu  « accro »…
Il découvre alors  un LETS tout près de chez lui qui végète avec 15 adhérents. Il propose d’écrire un bulletin mensuel et de faire la promotion du groupe. Il n’a aucune expérience dans ces domaines mais il a du temps et le désir de réussir. Il apprend donc vite, aidé par quelques adhérents. Grâce à ses efforts, double récompense : le LETS prospère et ses nouvelles compétences de publication assistée par ordinateur ainsi que sa connaissance d’internet au tout début  permettent à James de se recycler et de  retrouver une nouvelle activité professionnelle d’éditeur dès 1995, puis de webmaster à partir de l’an 2000.
Le tour du monde des LETS
Dix ans plus tard, muni d’un billet d’avion « open » et sans un sou en poche, James décide de faire le tour du monde des LETS. Il commence par le Canada, où sont nés les premiers réseaux locaux d’échange. Sa première étape est à Kitchener dans l’Ontario. Contre le gite et le couvert chez un nommé Kit, il rend divers services et visite le pays. Il quitte l’Ontario trois mois plus tard, une fois que son solde d’unités LETS est revenu à zéro. Après quelques autres étapes en Amérique, il passe en Europe, toujours hébergé et nourri contre services rendus. Il se rend en Angleterre, au Pays de Galles, en Ecosse, en Norvège et en Suède, puis en Espagne. Il voyage dans une douzaine de pays où il observe les différentes façons de gérer les LETS. Il y repère les bonnes idées et les bonnes pratiques. En Afrique du Sud où le LETS est encore un concept inconnu, il donne des conférences  pour expliquer le principe des LETS et aide à la création de plusieurs LETS. Fort de ses diverses expériences, il met au point une liste de principes à appliquer pour faciliter la mise en place et le fonctionnement ultérieur d’un LETS qu’il publie dans ce livre à son retour.
 

Les règles d’or du LETS
« Ce que nous construisons bien, nous aide à nous construire. »
L’image de votre LETS : le site web et les documents doivent être simples et clairs, faire une bonne première impression et donner envie d’en savoir plus. James Taris donne une liste des documents dont il faut soigner la présentation. 1) feuille d’inscription qui comprend d’un côté la liste des offres du nouvel inscrit et au verso le règlement intérieur  à signer par l’adhérent - 2) Carte d’adhérent avec mode d’emploi, coordonnées des contacts et date d’expiration - 3) Carnet d’échange à 3 volets, un pour l’offreur, un pour le receveur et un pour l’administration du LETS (ou site CommunityForge*)- 4) dépliant LETS avec coordonnées des contacts pour distribuer aux personnes potentiellement intéressées -  5) Bulletin mensuel  - 6) Liste des adhérents  - 7) Catalogue des ressources
Toutes les transactions du LETS doivent être transparentes, contribuant ainsi  à la bonne image du groupe.

La monnaie d’échange(ou points LETS)
La monnaie d’échange est virtuelle et peut avoir des noms très variés. Les adhérents gagnent ou dépensent des unités LETS au cours de leurs échanges, l’idéal  étant  d’approcher l’équilibre autour de zéro, ce qui signifie qu’on a donné autant qu’on a reçu. En Australie, une heure de temps passée est rémunérée 10 unités LETS.
Le recrutement  
La perte d’adhérents se produit régulièrement pour des raisons diverses : déménagement, plus assez de temps disponible et même décès. Il y a aussi ceux qui ne font jamais aucun échange et ne renouvellent pas leur cotisation et s’éliminent d’eux-mêmes (habituellement environ 30% des adhérents). Le recrutement est donc indispensable pour assurer la survie et la croissance du groupe. Il y a différentes méthodes qui marchent plus ou moins bien.
•    Une affiche en ville ou une petite annonce dans le journal local sont des procédés qui ne marchent pas du tout.  Par contre un article annonçant un évènement ou une animation du LETS ouverts au public marche beaucoup mieux (avec un numéro de téléphone ou adresse mail pour un contact).
•    Les fêtes de rue (en France, ce serait l’équivalent des forums des associations*) où deux adhérents font une permanence (rémunérée en points LETS) sur un stand, parlent du LETS aux passants et donnent des dépliants avec quelques informations aux personnes qui semblent intéressées, peuvent amener quelques personnes.
•    Une présentation du LETS à un groupe ciblé de personnes déjà sensibilisées au partage et à la solidarité (par exemple en donnant la réponse à 15 des questions les plus fréquemment posées par les gens extérieurs au LETS) peut également retenir l’attention de futurs adhérents.
•    Les meilleures façons de recruter sont toutefois le bouche-à-oreille et le parrainage. La meilleure façon de convaincre les gens que le LETS est formidable est de les aider à faire leur premier échange aussitôt que possible, en les mettant en rapport avec des adhérents qui peuvent satisfaire leurs demandes ou en leur suggérant d’aider telle ou telle personne qui a besoin de leur compétence.
Offres
 James Taris recommande que chaque adhérent propose au moins 6 offres de service qui seront notées sur le catalogue des ressources du LETS. Au départ, les nouveaux adhérents disent toujours qu’ils n’ont pas grand chose à offrir. Il faut donc leur prouver le contraire en les aidant à remplir leur fiche d’inscription grâce à une liste type et en les questionnant  sur leurs talents. (Que fais-tu pendant ton temps libre ? Qu’aimerais-tu faire si tu avais plus de temps libre ? Quelles sont les tâches qui te paraissent faciles ? Que détestes-tu faire ? Quelle est ta profession ? etc.) Plus la liste des offres est longue, mieux c’est. Cela donne des idées non seulement aux offreurs mais aussi aux demandeurs. A Londres, James Taris découvre les mentions  « Open » ou « Try me » qui indiquent que ces personnes ne sont fermées à aucune demande et sont prêts à offrir des services auxquels elles n’avaient pas pensé.
Encourager les échanges

 Il faut encourager les échanges pour rendre le groupe plus fort et plus efficace, pour que les adhérents prennent confiance en leurs possibilités, parlent du LETS avec enthousiasme autour d’eux et ainsi permettent au groupe de s’agrandir par co-optation  de personnes motivées.
Comment encourager les échanges ?
•    Permettre les soldes négatifs, jusqu’à une limite fixée d’avance (mais si quelqu’un veut quitter le groupe, son solde doit avoisiner zéro).
•    Mettre une limite supérieure pour inciter les gens à dépenser leurs unités LETS.
•    Les transactions doivent être en unités LETS. Pas d’argent (sauf pour acheter des fournitures ou rembourser des frais). Pas de dons, sauf exceptionnellement. Sinon les demandeurs n’osent plus demander de services et le LETS risque de se transformer en cercle d’amis fermé aux nouveaux arrivants.
•     Donner envie aux adhérents de participer en rendant les réunions mensuelles conviviales.
•    Encourager les adhérents à amener un invité.
•    Organiser des animations.
Les animations  
•    Rassemblements avec brève réunion d’information suivi d’un repas partagé.
•    Trocante à thème, réservée aux adhérents (exemples de thèmes : produits du jardin ou faits maison ; bric-à-brac ; marché de noël ; marché d’après noël pour les cadeaux dont on ne veut pas ; plantes ; livres et magazines,  etc.)
•    Trocante en ligne, réservée aux adhérents, avec photos des objets proposés (genre le Bon Coin à usage interne*) via un évènement Facebook ou une page Facebook.
•    Vente aux enchères en points LETS d’objets usagés.  Ceci constitue une très bonne animation d’un groupe jusqu’à 50 personnes. Sélectionner un commissaire priseur qui a une voix qui porte ou lui confier un micro. Si on ne veut pas que les enchères montent trop haut, chaque personne intéressée inscrit son prix sur un papier ou une ardoise. Le prix le plus élevé remporte la mise. Tirage au sort des ex aequo éventuels.
•    Participation à un vide-grenier avec possibilité pour les adhérents de payer en unités LETS et les non-adhérents en euros. C’est aussi un bon biais de recrutement.
•    Organiser un « vide-garage » chez quelqu’un qui prête son garage ou sa cour. (Nombre de stands limité)
On peut aussi constituer des « Escouades de choc » pour une tâche spécifique, soit pour le LETS lui-même soit pour un adhérent. Il est indispensable de nommer un coordinateur qui va rassembler des volontaires (jusqu’à 8), recenser les outils et le matériel nécessaires, acheter les produits ou fournitures nécessaires, convoquer les participants , organiser le travail et répartir les tâches. Ce groupe va réaliser en quelques heures ou une journée un projet tel que : défrichage, débroussaillage, arrachage de haie, organisation de fête ( repas, service à table, vaisselle, rangement) nettoyage de cave ou de garage, rénovation, peinture, déménagement etc. Chaque personne, y compris le coordinateur,  gagne des unités LETS selon le temps passé.
Les tâches administratives
Il y a de nombreux rôles à remplir pour que le groupe et les échanges marchent bien. Une bonne répartition des tâches entre le plus grand nombre possible de personnes allège les charges de travail, permet les interactions et le sentiment d’appartenance au groupe. James Taris préconise de récompenser les tâches administratives par des unités LETS, une façon de remercier les gens pour leur dévouement au groupe. Le LETS peut avoir un compte dont le crédit sera prélevé une fois par an sur le compte de chaque adhérent en unités LETS qui seront  redistribuées aux administrateurs et à leurs aides. Le LETS dont fait partie James en Australie est installé dans un local permanent où se tiennent les réunions et où se relaient les volontaires pour les tâches administratives.
Les 10 rôles du comité
Un fonctionnement « horizontal », c’est-à-dire sans hiérarchie est préférable. Si chaque personne est responsable de son rôle et peut prendre des décisions urgentes sans discussion préalable avec le reste du comité, les membres du comité prennent leur rôle plus à cœur et sont plus enthousiastes. Voici les dix rôles du comité selon James Taris (une personne peut prendre plusieurs rôles ou un rôle peut être rempli par plusieurs personnes selon la taille du LETS).
1-Coordinateur du LETS pour coordonner le travail des autres membres. (Et uniquement ça sous peine d’user la personne!)    2 - Secrétaire de séance pour les réunions du comité (avec comptes-rendus communiqués uniquement au comité)    3 – Trésorier des euros (cotisations, compte en banque, assurance, paiements divers)
4 – Trésorier des points LETS
Comptabiliser les entrées et les sorties sur chaque compte d’adhérent et celui du LETS. Faire des statistiques sur les échanges.    5 – Coordinateur des adhésions et des adhérents (aide aux nouveaux, aux gens en trop grand débit ou crédit, rappels des cotisations ou du règlement)    6 - Rédacteur du bulletin
A envoyer ou poster sur le site à tous, une semaine avant l’évènement du mois.
7 – Coordinateur des animations (organiser, inviter, accueillir)    8 – Responsable des relations extérieures (municipalités,  contact téléphonique)    9 – Webmaster
Organiser le site web
10 – Médiateur en cas de désaccord        

Le dernier chapitre, qui n’est pas résumé ici, concerne la création d’un LETS. James Taris donne des conseils sur comment créer un LETS en 6 points.
•    Note de la traductrice

 

Langue Français

COOPERATIVE D’ANCIENS DETENUS A WASHINGTON DC

5-Feb-2018

Traduit d’après un article de  Cat Johnson du 31 janvier 2017,

publié par https://www.shareable.net/blog/this-co-op-gives-formerly-incarcerated-people-jobs-and-community

Après 14 ans d’incarcération, dont sept passés à l’isolement, Juan Reid, incapable de trouver un travail stable, s’est retrouvé à dormir dans une camionnette et à se débattre contre les fins de mois difficiles, la tentation de la drogue et les traumatismes de l’enfance. Comme Reid le dit lui-même, il ”était sur la mauvaise pente. ”
“je n’étais pas loin de retourner en prison” dit Reid “Pas de loyer à payer, trois repas par jour apportés dans ma cellule, comme le room-service à l’hôtel. Cette vie était finalement plus facile pour moi. ”

C’est quand il a rencontré Allison Basile, qui cherchait à créer Coop DC , un réseau de coopératives à Washington D.C. que sa vie a changé. Basile a initié à Reid au concept des coopératives de travailleurs. Ensemble, ils ont créé Tightshift Laboring Cooperative , une coopérative de services de nettoyage et d’aménagements paysagers appartenant aux travailleurs.
 
Tightshift donne du travail à des anciens détenus et à des individus à risque. Grâce à cette structure, Reid et Basile ont pour objectif de promouvoir le mouvement local coopératif ouvrier afin d’aider les gens à changer de vie. La coop est composée d’une équipe de neuf coopérateurs qui gagnent un minimum de $13.50 de l’heure. Après la période d’apprentissage, le salaire passe à $17 minimum de l’heure. A la fin de l’année fiscale, les profits sont partagés entre tous, au prorata des heures travaillées. Le groupe prend les décisions collectivement, chaque coopérateur détenant une voix.

"Quand tu dis à quelqu’un que sa voix compte, ça veut dire beaucoup” , dit Juan Reid.

 Dans le passé, Reid sillonnait les rues pour dealer de la drogue. Il les fréquente maintenant pour inviter les gens à rejoindre le mouvement coopératif. Il parle avec enthousiasme du potentiel des coopératives à transformer la vie dans les communautés en apportant des ressources financières. Tightshift donne également aux gens des droits et une communauté qui les soutient – ce que beaucoup, y compris Reid,  n’ont pas eu en grandissant.
 
"Quand tu dis à quelqu’un que sa voix compte, ça veut dire beaucoup”, dit Juan Reid. "Je n’avais personne pour me dire que j’y arriverais et qui le pensait vraiment. "

Quand on l’interroge sur ce qui est au coeur de la coop, Reid répond, “ En finir avec l’esclavage – et ceci avec un groupe de marginaux privés de leurs droits fondamentaux. Très honnêtement, si après avoir payé votre loyer et l’électricité, vous êtes complètement à sec, c’est que vous avez une paye d’esclave. Si vous n’avez vraiment rien, si vous n’arrivez pas à joindre les deux bouts entre les feuilles de paye, vous êtes un esclave qui enrichit la personne pour qui vous bossez."
 
C’est une voie différente qu’a choisi Reid avec Tightshift, en témoignant "de l’amour et de la loyauté” aux coopérateurs. Tightshift cherche aussi à tendre la main aux jeunes pour leur montrer qu’ils ont des possibilités.

Les partenaires de Tightshift ont un poids égal dans les décisions. Une personne, une voix.
 
 
Un des plus gros défis qui se présente actuellement pour Tightshift, c’est "d’arriver à faire quitter le mode survie aux gars. " Il dit qu’il doit retenir l’attention de coopérateurs potentiels assez longtemps pour qu’ils voient les résultats de la coop. Il donne parfois de l’argent à quelqu’un qui ne peut pas payer ses factures pour obtenir qu’il assiste à une réunion.

" Je ramasse des gamins dans la rue,” dit Reid. Il n’y a pas d’entretien en costard cravate ni de  piston pour les placer. Je vais trouver le gars au coin de la rue et je lui dis, ‘Tu veux changer ta vie? Viens, j’ai ce qu’il te faut. '"

Par Tightshift et le mouvement des coopératives, Reid a l’espoir d’inspirer et de rendre aux gens leur dignité et ceux-ci pourront alors en éduquer d’autres au mouvement des coopératives de travailleurs.
 
"Quand ils changent de vie, ils deviennent des meneurs," dit il. "Il faut construire un mouvement pour les meneurs. Nous allons donc transformer le look du mouvement – créé principalement par des personnes qui retournent à la vie citoyenne - et mettre en valeur sa prospérité et ses aspects positifs. "

Photos fournies par Tightshift

 

Langue Français

Modifier Narrative Résumé du livre de James Taris

4-Feb-2018

Résumé en français, avec l’accord de l’auteur, des points les plus intéressants du livre de James Taris, « The LETSaholic Twist » (qu’on pourrait traduire par « Embobiné par le LETS »ou  « Comment on devient accro au LETS »). Un LETS (Local Exchange Trading System) est l’équivalent d’un SEL dans les pays anglophones.

L’origine de l’addiction
James Taris, photographe professionnel depuis 18 ans à Melbourne, Australie, doit fermer définitivement son studio  en 1993 et se trouve ainsi désargenté et sans travail. Ayant vaguement entendu parler d’un truc qui permettrait d’acheter sans argent, il se rend donc à la permanence d’un LETS (Local Exchange Trading System), à 20 minutes en voiture de chez lui. Il paie sa cotisation, remplit une fiche d’inscription et inscrit, à la rubrique OFFRES : photographie, puisque c’est ce qu’il sait faire avec une qualité professionnelle dont il est très fier. Et il attend les demandes… qui ne viennent pas. Onze mois plus tard, alors qu’il est sur le point d’abandonner, il finit par aller à une réunion du LETS pour dire tout le mal qu’il pense de ce truc d’échange qui ne marche pas. Il est surpris par l’accueil amical, et on lui propose immédiatement de bénéficier d’un premier échange. Il se rend compte qu’il avait fait l’erreur d’attendre au lieu de proposer et celle de considérer les unités LETS comme une sorte de dollars au lieu de les voir comme des « faveurs »  qui rendent la vie plus facile et plus conviviale.  C’est après ce premier échange, un massage qu’il paie « à crédit » en points LETS qu’il n’a pas encore gagnés, qu’il est conquis et qu’il devient peu à peu  « accro »…
Il découvre alors  un LETS tout près de chez lui qui végète avec 15 adhérents. Il propose d’écrire un bulletin mensuel et de faire la promotion du groupe. Il n’a aucune expérience dans ces domaines mais il a du temps et le désir de réussir. Il apprend donc vite, aidé par quelques adhérents. Grâce à ses efforts, double récompense : le LETS prospère et ses nouvelles compétences de publication assistée par ordinateur ainsi que sa connaissance d’internet au tout début  permettent à James de se recycler et de  retrouver une nouvelle activité professionnelle d’éditeur dès 1995, puis de webmaster à partir de l’an 2000.
Le tour du monde des LETS
Dix ans plus tard, muni d’un billet d’avion « open » et sans un sou en poche, James décide de faire le tour du monde des LETS. Il commence par le Canada, où sont nés les premiers réseaux locaux d’échange. Sa première étape est à Kitchener dans l’Ontario. Contre le gite et le couvert chez un nommé Kit, il rend divers services et visite le pays. Il quitte l’Ontario trois mois plus tard, une fois que son solde d’unités LETS est revenu à zéro. Après quelques autres étapes en Amérique, il passe en Europe, toujours hébergé et nourri contre services rendus. Il se rend en Angleterre, au Pays de Galles, en Ecosse, en Norvège et en Suède, puis en Espagne. Il voyage dans une douzaine de pays où il observe les différentes façons de gérer les LETS. Il y repère les bonnes idées et les bonnes pratiques. En Afrique du Sud où le LETS est encore un concept inconnu, il donne des conférences  pour expliquer le principe des LETS et aide à la création de plusieurs LETS. Fort de ses diverses expériences, il met au point une liste de principes à appliquer pour faciliter la mise en place et le fonctionnement ultérieur d’un LETS qu’il publie dans ce livre à son retour.
 

Les règles d’or du LETS
« Ce que nous construisons bien, nous aide à nous construire. »
L’image de votre LETS : le site web et les documents doivent être simples et clairs, faire une bonne première impression et donner envie d’en savoir plus. James Taris donne une liste des documents dont il faut soigner la présentation. 1) feuille d’inscription qui comprend d’un côté la liste des offres du nouvel inscrit et au verso le règlement intérieur  à signer par l’adhérent - 2) Carte d’adhérent avec mode d’emploi, coordonnées des contacts et date d’expiration - 3) Carnet d’échange à 3 volets, un pour l’offreur, un pour le receveur et un pour l’administration du LETS (ou site CommunityForge*)- 4) dépliant LETS avec coordonnées des contacts pour distribuer aux personnes potentiellement intéressées -  5) Bulletin mensuel  - 6) Liste des adhérents  - 7) Catalogue des ressources
Toutes les transactions du LETS doivent être transparentes, contribuant ainsi  à la bonne image du groupe.

La monnaie d’échange(ou points LETS)
La monnaie d’échange est virtuelle et peut avoir des noms très variés. Les adhérents gagnent ou dépensent des unités LETS au cours de leurs échanges, l’idéal  étant  d’approcher l’équilibre autour de zéro, ce qui signifie qu’on a donné autant qu’on a reçu. En Australie, une heure de temps passée est rémunérée 10 unités LETS.
Le recrutement  
La perte d’adhérents se produit régulièrement pour des raisons diverses : déménagement, plus assez de temps disponible et même décès. Il y a aussi ceux qui ne font jamais aucun échange et ne renouvellent pas leur cotisation et s’éliminent d’eux-mêmes (habituellement environ 30% des adhérents). Le recrutement est donc indispensable pour assurer la survie et la croissance du groupe. Il y a différentes méthodes qui marchent plus ou moins bien.
•    Une affiche en ville ou une petite annonce dans le journal local sont des procédés qui ne marchent pas du tout.  Par contre un article annonçant un évènement ou une animation du LETS ouverts au public marche beaucoup mieux (avec un numéro de téléphone ou adresse mail pour un contact).
•    Les fêtes de rue (en France, ce serait l’équivalent des forums des associations*) où deux adhérents font une permanence (rémunérée en points LETS) sur un stand, parlent du LETS aux passants et donnent des dépliants avec quelques informations aux personnes qui semblent intéressées, peuvent amener quelques personnes.
•    Une présentation du LETS à un groupe ciblé de personnes déjà sensibilisées au partage et à la solidarité (par exemple en donnant la réponse à 15 des questions les plus fréquemment posées par les gens extérieurs au LETS) peut également retenir l’attention de futurs adhérents.
•    Les meilleures façons de recruter sont toutefois le bouche-à-oreille et le parrainage. La meilleure façon de convaincre les gens que le LETS est formidable est de les aider à faire leur premier échange aussitôt que possible, en les mettant en rapport avec des adhérents qui peuvent satisfaire leurs demandes ou en leur suggérant d’aider telle ou telle personne qui a besoin de leur compétence.
Offres
 James Taris recommande que chaque adhérent propose au moins 6 offres de service qui seront notées sur le catalogue des ressources du LETS. Au départ, les nouveaux adhérents disent toujours qu’ils n’ont pas grand chose à offrir. Il faut donc leur prouver le contraire en les aidant à remplir leur fiche d’inscription grâce à une liste type et en les questionnant  sur leurs talents. (Que fais-tu pendant ton temps libre ? Qu’aimerais-tu faire si tu avais plus de temps libre ? Quelles sont les tâches qui te paraissent faciles ? Que détestes-tu faire ? Quelle est ta profession ? etc.) Plus la liste des offres est longue, mieux c’est. Cela donne des idées non seulement aux offreurs mais aussi aux demandeurs. A Londres, James Taris découvre les mentions  « Open » ou « Try me » qui indiquent que ces personnes ne sont fermées à aucune demande et sont prêts à offrir des services auxquels elles n’avaient pas pensé.
Encourager les échanges

 Il faut encourager les échanges pour rendre le groupe plus fort et plus efficace, pour que les adhérents prennent confiance en leurs possibilités, parlent du LETS avec enthousiasme autour d’eux et ainsi permettent au groupe de s’agrandir par co-optation  de personnes motivées.
Comment encourager les échanges ?
•    Permettre les soldes négatifs, jusqu’à une limite fixée d’avance (mais si quelqu’un veut quitter le groupe, son solde doit avoisiner zéro).
•    Mettre une limite supérieure pour inciter les gens à dépenser leurs unités LETS.
•    Les transactions doivent être en unités LETS. Pas d’argent (sauf pour acheter des fournitures ou rembourser des frais). Pas de dons, sauf exceptionnellement. Sinon les demandeurs n’osent plus demander de services et le LETS risque de se transformer en cercle d’amis fermé aux nouveaux arrivants.
•     Donner envie aux adhérents de participer en rendant les réunions mensuelles conviviales.
•    Encourager les adhérents à amener un invité.
•    Organiser des animations.
Les animations  
•    Rassemblements avec brève réunion d’information suivi d’un repas partagé.
•    Trocante à thème, réservée aux adhérents (exemples de thèmes : produits du jardin ou faits maison ; bric-à-brac ; marché de noël ; marché d’après noël pour les cadeaux dont on ne veut pas ; plantes ; livres et magazines,  etc.)
•    Trocante en ligne, réservée aux adhérents, avec photos des objets proposés (genre le Bon Coin à usage interne*) via un évènement Facebook ou une page Facebook.
•    Vente aux enchères en points LETS d’objets usagés.  Ceci constitue une très bonne animation d’un groupe jusqu’à 50 personnes. Sélectionner un commissaire priseur qui a une voix qui porte ou lui confier un micro. Si on ne veut pas que les enchères montent trop haut, chaque personne intéressée inscrit son prix sur un papier ou une ardoise. Le prix le plus élevé remporte la mise. Tirage au sort des ex aequo éventuels.
•    Participation à un vide-grenier avec possibilité pour les adhérents de payer en unités LETS et les non-adhérents en euros. C’est aussi un bon biais de recrutement.
•    Organiser un « vide-garage » chez quelqu’un qui prête son garage ou sa cour. (Nombre de stands limité)
On peut aussi constituer des « Escouades de choc » pour une tâche spécifique, soit pour le LETS lui-même soit pour un adhérent. Il est indispensable de nommer un coordinateur qui va rassembler des volontaires (jusqu’à 8), recenser les outils et le matériel nécessaires, acheter les produits ou fournitures nécessaires, convoquer les participants , organiser le travail et répartir les tâches. Ce groupe va réaliser en quelques heures ou une journée un projet tel que : défrichage, débroussaillage, arrachage de haie, organisation de fête ( repas, service à table, vaisselle, rangement) nettoyage de cave ou de garage, rénovation, peinture, déménagement etc. Chaque personne, y compris le coordinateur,  gagne des unités LETS selon le temps passé.
Les tâches administratives
Il y a de nombreux rôles à remplir pour que le groupe et les échanges marchent bien. Une bonne répartition des tâches entre le plus grand nombre possible de personnes allège les charges de travail, permet les interactions et le sentiment d’appartenance au groupe. James Taris préconise de récompenser les tâches administratives par des unités LETS, une façon de remercier les gens pour leur dévouement au groupe. Le LETS peut avoir un compte dont le crédit sera prélevé une fois par an sur le compte de chaque adhérent en unités LETS qui seront  redistribuées aux administrateurs et à leurs aides. Le LETS dont fait partie James en Australie est installé dans un local permanent où se tiennent les réunions et où se relaient les volontaires pour les tâches administratives.
Les 10 rôles du comité
Un fonctionnement « horizontal », c’est-à-dire sans hiérarchie est préférable. Si chaque personne est responsable de son rôle et peut prendre des décisions urgentes sans discussion préalable avec le reste du comité, les membres du comité prennent leur rôle plus à cœur et sont plus enthousiastes. Voici les dix rôles du comité selon James Taris (une personne peut prendre plusieurs rôles ou un rôle peut être rempli par plusieurs personnes selon la taille du LETS).
1-Coordinateur du LETS pour coordonner le travail des autres membres. (Et uniquement ça sous peine d’user la personne!)    2 - Secrétaire de séance pour les réunions du comité (avec comptes-rendus communiqués uniquement au comité)    3 – Trésorier des euros (cotisations, compte en banque, assurance, paiements divers)
4 – Trésorier des points LETS
Comptabiliser les entrées et les sorties sur chaque compte d’adhérent et celui du LETS. Faire des statistiques sur les échanges.    5 – Coordinateur des adhésions et des adhérents (aide aux nouveaux, aux gens en trop grand débit ou crédit, rappels des cotisations ou du règlement)    6 - Rédacteur du bulletin
A envoyer ou poster sur le site à tous, une semaine avant l’évènement du mois.
7 – Coordinateur des animations (organiser, inviter, accueillir)    8 – Responsable des relations extérieures (municipalités,  contact téléphonique)    9 – Webmaster
Organiser le site web
10 – Médiateur en cas de désaccord        

Le dernier chapitre, qui n’est pas résumé ici, concerne la création d’un LETS. James Taris donne des conseils sur comment créer un LETS en 6 points.
 

 

Langue Français

Modifier Narrative COOPERATIVE D’ANCIENS DETENUS A WASHINGTON DC

4-Feb-2018

Traduit d’après un article de  Cat Johnson du 31 janvier 2017,

publié par https://www.shareable.net/blog/this-co-op-gives-formerly-incarcerated-people-jobs-and-community

Après 14 ans d’incarcération, dont sept passés à l’isolement, Juan Reid, incapable de trouver un travail stable, s’est retrouvé à dormir dans une camionnette et à se débattre contre les fins de mois difficiles, la tentation de la drogue et les traumatismes de l’enfance. Comme Reid le dit lui-même, il ”était sur la mauvaise pente. ”
“je n’étais pas loin de retourner en prison” dit Reid “Pas de loyer à payer, trois repas par jour apportés dans ma cellule, comme le room-service à l’hôtel. Cette vie était finalement plus facile pour moi. ”

C’est quand il a rencontré Allison Basile, qui cherchait à créer Coop DC , un réseau de coopératives à Washington D.C. que sa vie a changé. Basile a initié à Reid au concept des coopératives de travailleurs. Ensemble, ils ont créé Tightshift Laboring Cooperative , une coopérative de services de nettoyage et d’aménagements paysagers appartenant aux travailleurs.
 
Tightshift donne du travail à des anciens détenus et à des individus à risque. Grâce à cette structure, Reid et Basile ont pour objectif de promouvoir le mouvement local coopératif ouvrier afin d’aider les gens à changer de vie. La coop est composée d’une équipe de neuf coopérateurs qui gagnent un minimum de $13.50 de l’heure. Après la période d’apprentissage, le salaire passe à $17 minimum de l’heure. A la fin de l’année fiscale, les profits sont partagés entre tous, au prorata des heures travaillées. Le groupe prend les décisions collectivement, chaque coopérateur détenant une voix.

"Quand tu dis à quelqu’un que sa voix compte, ça veut dire beaucoup” , dit Juan Reid.

 Dans le passé, Reid sillonnait les rues pour dealer de la drogue. Il les fréquente maintenant pour inviter les gens à rejoindre le mouvement coopératif. Il parle avec enthousiasme du potentiel des coopératives à transformer la vie dans les communautés en apportant des ressources financières. Tightshift donne également aux gens des droits et une communauté qui les soutient – ce que beaucoup, y compris Reid,  n’ont pas eu en grandissant.
 
"Quand tu dis à quelqu’un que sa voix compte, ça veut dire beaucoup”, dit Juan Reid. "Je n’avais personne pour me dire que j’y arriverais et qui le pensait vraiment. "

Quand on l’interroge sur ce qui est au coeur de la coop, Reid répond, “ En finir avec l’esclavage – et ceci avec un groupe de marginaux privés de leurs droits fondamentaux. Très honnêtement, si après avoir payé votre loyer et l’électricité, vous êtes complètement à sec, c’est que vous avez une paye d’esclave. Si vous n’avez vraiment rien, si vous n’arrivez pas à joindre les deux bouts entre les feuilles de paye, vous êtes un esclave qui enrichit la personne pour qui vous bossez."
 
C’est une voie différente qu’a choisi Reid avec Tightshift, en témoignant "de l’amour et de la loyauté” aux coopérateurs. Tightshift cherche aussi à tendre la main aux jeunes pour leur montrer qu’ils ont des possibilités.

Les partenaires de Tightshift ont un poids égal dans les décisions. Une personne, une voix.
 
 
Un des plus gros défis qui se présente actuellement pour Tightshift, c’est "d’arriver à faire quitter le mode survie aux gars. " Il dit qu’il doit retenir l’attention de coopérateurs potentiels assez longtemps pour qu’ils voient les résultats de la coop. Il donne parfois de l’argent à quelqu’un qui ne peut pas payer ses factures pour obtenir qu’il assiste à une réunion.

" Je ramasse des gamins dans la rue,” dit Reid. Il n’y a pas d’entretien en costard cravate ni de  piston pour les placer. Je vais trouver le gars au coin de la rue et je lui dis, ‘Tu veux changer ta vie? Viens, j’ai ce qu’il te faut. '"

Par Tightshift et le mouvement des coopératives, Reid a l’espoir d’inspirer et de rendre aux gens leur dignité et ceux-ci pourront alors en éduquer d’autres au mouvement des coopératives de travailleurs.
 
"Quand ils changent de vie, ils deviennent des meneurs," dit il. "Il faut construire un mouvement pour les meneurs. Nous allons donc transformer le look du mouvement – créé principalement par des personnes qui retournent à la vie citoyenne - et mettre en valeur sa prospérité et ses aspects positifs. "

Photos fournies par Tightshift

 

Langue Français

Communication importante !!!!

16-Jan-2018

Les serveurs hébergeant nos plateformes sont stockés dans les Datacenter de GANDI.

Le 26 janvier le  datacenter SD2de GANDI fermera ses portes pour renaître dans un nouveau datacenter, le SD5.  Il s’agit d’un véritable déménagement physique d’un arrondissement de Paris vers un autre.

 

Afin de préparer ce déménagement , nous allons effectuer des travaux de migration et changement d’OS ,Il se pourrait donc que nos plateformes ne soient plus accessibles durant quelques heures, du 19 au 21 janvier 2018.

 

Cette amélioration permettra d’améliorer encore la sécurité de nos serveurs et leur flexibilité.

 

L’équipe de CommunityForge

Langue Français

Il était une fois les SEL

12-Dez-2017

CommunityForge:

Il était une fois les SEL, ces systèmes d'échanges locaux, alternative au système économique en vigueur qui échangeaient en unités temps .

Un jour, un homme créa pour eux un logiciel question de faciliter les dits échanges.

http://communityforge.net/

Les puristes hurlèrent au loup, …. euh non ! Ça c'est dans une autre histoire !

Les puristes donc, hurlèrent qu'il en était fini de la convivialité, que l'informatique venait ou allait achever les beaux échanges entres humains !

Et puis tout le monde s'y est plus ou moins fait !

Il y eut moins de râleurs et finalement les annonces qui partaient par mail plutôt que d'attendre l'heure de diffusion de radio corbeau , ça n'était pas si mal que ça ! Le même homme acoquiné à d'autres utopistes ont cogité ce vieux proverbe africain : « tout seul, on va plus vite, mais à plusieurs, on va plus loin » et se sont dit qu'il était temps que tous ces sélistes, ces échangeurs en banque du temps , ...s'unissent pour devenir vecteur de changement sociétal.

Ils ont commencé par créer l'intertrading qui permet de finaliser les échanges d'une plateforme à l'autre… fini la suspicion des échanges hors de la communauté qui ne seraient jamais finalisés !

https://www.youtube.com/watch?v=GvKiFDLnfsU

Vous souhaitez que cette fonctionnalité soit installée sur votre plateforme ?

Remplissez le formulaire qui se trouve là :

http://helpdesk.communityforge.net/fr/node/1900

Et aujourd'hui, un de ces utopistes, Matthew vient de créer « solsearch », l'outil qui vous permettra de trouver ce que vous chercher en rayonnant autour de chez vous sur toutes les plateformes qui en seront équipées !

Nous voyons déjà les Cassandre hurler à l'intrusion dans la vie privée, hurler que CommunityForge prend des grand airs malsains de big brother ! Et bien non !

Toutes vos données perso resteront privées et vous pourrez choisir si vos annonces doivent aussi le rester ou non !

https://www.youtube.com/watch?v=QWKQK0Nz7Ls

Sol Search ne peut pas fonctionner si votre site n'est pas géolocalisé.

Afin de géolocaliser votre site CommunityForge, un tutoriel est à votre disposition:

http://helpdesk.communityforge.net/fr/geo-localisation

 

“Vous avez d’autres suggestions d’expériences à partager ? Nous vous proposons de nous les partager via l’adresse [email protected] et nous les répercuterons dans la mesure de nos possibilités.”

Langue Français

Critique du livre de Ralph Ibbott « Ujamaa : l’histoire cachée des villages « socialistes » de la Tanzanie » et comment on m’a menti en Tanzanie.

4-Dez-2017

Critique du livre de Ralph Ibbott « Ujamaa : l’histoire cachée des villages « socialistes » de la Tanzanie » et comment on m’a menti en Tanzanie.

Source : https://www.lowimpact.org/review-ralph-ibbotts-book-ujamaa-hidden-story-...

Posté le 10 mars 2016 par Dave Darby de Lowimpact.org

 

J’ai un intérêt particulier pour ce livre. Jeune homme pendant les années 1980, j’avais lu Ujamaa de Julius Nyerere (Swahili pour "solidarité", "unité" ou "famille"). J’ai été marqué par sa vision d’une société coopérative, non hiérarchisée, basée sur des villages durables où les hommes et les femmes sont égaux et les habitants sont maîtres de leur destin, sans ingérence extérieure. J’ai été ensuite enthousiasmé quand j’ai lu que sous la présidence de Nyerere, toute la Tanzanie rurale était gérée de cette manière. N'ayant pu trouver davantage de détails, j’ai donc travaillé pendant trois ans comme jardinier pendant la journée et comme serveur la nuit, j’ai épargné tous mes salaires, vendu tous mes biens et  je me suis rendu en Tanzanie en 1990 pour me rendre compte de mes propres yeux.

Mon expérience du système Ujamaa :
Je me suis rendu à Dar-es-Salaam dans un bus bruyant et j’ai passé deux semaines à visiter les ministères, implorant  la permission de visiter un village Ujamaa, jusqu'à ce qu’on m’y emmène en jeep. C’est ainsi que j’ai passé plusieurs semaines dans les villages Ujamaa de Chanika et Mvuti. Le soir, je m’asseyais sur le plancher d’une cabane et partageais le repas des villageois, servi dans un grand plat rond. L’un d'eux, qui avait fréquenté une université d’Allemagne de l’Est à l’époque, traduisait pour moi. Voici ce qu’ils m’ont dit :
Sur une population de 24 millions d’habitants, 20 millions de Tanzaniens vivaient dans des villages Ujamaa. Chacun cultivait et élevait des animaux pour son usage personnel sur sa propre parcelle. Ils travaillaient aussi deux jours par semaine sur des parcelles collectives, dont les cultures de rapport permettaient d’acheter du matériel pour le village, comme un camion ou un moulin à céréales.
Les membres de ces tribus s'entendaient bien et se mariaient entre eux, de même que les chrétiens et les musulmans.
Chaque groupe de 10 foyers élisait un de leurs membres pour siéger au comité de village. Chaque comité de village élisait un représentant au Comité de district, qui à son tour élisait un représentant au comité régional, qui  lui-même élisait un représentant au gouvernement national.
C’était comme cela. Les délégués étaient choisis pour leurs qualités personnelles par des gens qui les connaissaient bien, sans aucune campagne électorale et avec un seul parti, le Chama Cha Mapinduzi (parti de la révolution).

 

Je travaillais dans les champs, jouais au football et buvais du Ngongo avec eux. Je les regardais construire des maisons avec du bois de la forêt, de la boue et du chaume.
J’ai trait des vaches pour la première fois et mon végétarisme a pris fin le jour où mon hôte m’a offert du ragoût de poulet, car je ne voulais pas être impoli. Chacun s’occupait de l'autre, pas besoin d'hypothèque, ni d'argent ou d'assurance.
En plus, tous les aliments étaient locaux et bio, et tous les animaux étaient élevés en plein air, ce qui m'a réconforté au sujet de mon écart alimentaire.
A mon départ, j'étais toujours amoureux de Nyerere et de son idée. Mais plus tard, de retour à la maison, j’ai lu que l’expérience d’Ujamaa avait échoué dans les années 80, et que seulement quelques villages avaient survécu.
La gauche reprochait à la Banque mondiale d’avoir refusé les prêts dont la Tanzanie avait besoin pour acheter du pétrole (le pétrole ne peut être acheté qu’en dollars, mais c’est une autre histoire). Il y a eu ensuite des élections multipartites et le système Ujamaa a été dissocié du gouvernement. La droite lui reprochait son incompétence économique.
Je n'ai absolument rien trouvé qui rendait compte fidèlement de ce qui s'était vraiment passé en Tanzanie.

C'est Ralph Ibbott qui m’a éclairé
J’étais donc très emballé par la publication de ce livre. Selma James, qui avait rédigé l’introduction, était allée interviewer Ibbott à propos d’un livre sur la Tanzanie et a découvert son manuscrit, qui était resté dans un tiroir pendant 40 ans. Ibbott avait été impliqué dans les premiers villages Ujamaa,  et il s’agissait donc d’un témoignage de première main. Ce fut une révélation incroyable pour moi, d'apprendre que tout ce que je croyais à propos du système de Ujamaa était faux, et qu'on m’avait menti.
En 1960, un jeune homme nommé Ntimbanjayo Millinga lut également le récit de Nyerere et fut, comme moi, inspiré. Il s'est lancé avec environ 14 amis,et s'est mis à faire exactement ce que suggérait Nyerere : organiser la terre en villages coopératifs, travailler ensemble et s’auto-organiser, arriver à des décisions par consensus plutôt que par vote. Leurs épouses ne les ont rejoints que plus tard. Ils devaient tout construire de toutes pièces, et affronter les lions en défrichant la terre. Ibbott a rencontré Millinga après qu'il ait été expulsé, avec sa femme et ses enfants, du pays qu’on appelait alors la Rhodésie de l’apartheid, pour avoir installé une colonie multiraciale . En 1963, ils ont rejoint Litowa — un village neuf de Millinga, dans le district de Ruvuma, au sud de la Tanzanie. En tant qu’étranger, Ibbott intervenait comme conseiller, mais ne prenait pas part aux réunions de prise de décision.
 
L’Association de développement de Ruvuma (RDA) a été mise en place par les villageois, avec comme objectif de propager la vision de Nyerere d'implanter des villages auto-gérés  dans toute la Tanzanie. Le point le plus important de la conception de Nyerere était que les villageois se réunissent et s’auto-gèrent,et qu'ils ne soient jamais, en aucune circonstance, gérés ou contrôlés de l’extérieur.

 La RDA était en effet une fédération des coopératives de production. Les employés des villages et ceux de la RDA s'acquittaient de leurs tâches officielles en dehors des heures où ils travaillaient la terre avec les autres. Ils devaient trouver un juste équilibre entre travailler à rendre les villages forts et diffuser l’idée d’ujamaa au reste de la Tanzanie, mais sans qu'on leur porpose une hausse de salaire ni un logement plus chic que quiconque. Ce n’était évidemment pas le cas dans d’autres projets de développement menés par le gouvernement en Tanzanie.

A la fin des années 1960, l’Association comprenait 17 villages, dont plusieurs avec plus de 80 familles. Ils produisaient toute leur  nourriture, construisaient de bonnes maisons en briques de terre crue et bois, cultivaient le tabac comme culture de rapport. Ils avaient mis en place des écoles, des dispensaires, des pompes à vérin hydraulique pour tirer l’eau courante, des scieries, des entreprises de filage et de tissage, des ateliers de mécanique et un moulin à céréales. Les  membres potentiels passaient trois jours dans un village et retournaient chez eux pour prendre la décision ou non de rejoindre la communauté.Si oui, ils emménageaient avec leur famille dans un village pour une période d'essai de six mois, pendant lesquels ils partageaient le travail au  village. Ensuite, si les deux parties étaient satisfaites, on leur donnait un terrain pour construire leur maison.
 

La RDA contre L’ELITE
Nyerere affirmait que lorsqu’on lui demandait ce qu’était réellement ujamaa, il suggérait la visite des villages de la RDA pour le découvrir. Toutefois, au fil des années, la RDA a attiré l’attention de l’élite du pays : les membres du Comité central du parti, les commissaires régionaux, les fonctionnaires etc... Ils voyaient clairement (et correctement) que leur position privilégiée serait menacée si ce système gagnait du terrain. Les dirigeants nationaux et régionaux étaient choisis par un système qui venait de la base, un système dont ils ne faisaient pas partie. La pensée de perdre leur emploi au profit de paysans, et de devoir trouver un autre emploi — peut-être même de rejoindre les villages et travailler la terre — ne les intéressait pas du tout. Ils s’opposèrent à la RDA dès le début ; secrètement dans un premier temps, parce que le président du pays soutenait personnellement la RDA. Mais les fonctionnaires de la RDA affirmaient qu'en privé des représentants du gouvernement leur avaient dit qu’ils finiraient par les anéantir . Ibbott pensait qu’une autre raison de leur opposition était la totale impossibilité d’obtenir du RDA des pots de vin pour augmenter leur salaire.
Un administrateur local, à un moment donné, a convoqué une réunion des cadres de la RDA pour essayer de discréditer Millinga, qui gravissait les échelons vers le gouvernement national, affirmant qu’il travaillait dans son propre intérêt et non dans celui des villageois. Cela montrait son incompréhension du fonctionnement de la RDA et de la relation entre Millinga et les villageois. Millinga se considérait l’un d'entre eux, il travaillait avec eux, et il a construit sa maison en bois et en terre dans un village, alors qu'il aurait pu occuper une maison plus grande en ville. Les fonctionnaires de la RDA ont dit au bureaucrate magouilleur de s'occuper de ses affaires. Plus tard la même année, Nyerere a écrit une note pour les fonctionnaires régionaux leur demandant de diffuser le concept de la RDA dans toute la Tanzanie, et ce même fonctionnaire a dû mettre en œuvre cette politique au Ruvuma. Ce qui a dû  lui faire bien mal. Les hauts fonctionnaires et le parti ont exercé des représailles en retirant des contrats publics à la RDA comme la scirie et le moulin à céréales.

En 1967, dans le cadre de sa fameuse déclaration d’Arusha, Nyerere a plafonné  la fortune que les politiciens pouvaient accumuler. Ce n’était pas du tout un problème pour les membres du RDA, même si Millinga était alors devenu député. Mais vous pouvez imaginer l’indignation de l’élite et le désir intense de se débarrasser de la RDA. Ils ont d'ailleurs enfin réussi en 1969, lorsque le parlement a voté la dissolution de l’association et la confiscation de ses biens. Nyerere était presque le seul à s'y opposer, mais il a accepté sa décision. C'est uniquement grâce au soutien de Nyerere que la RDA a duré si longtemps. À un moment donné, il disait que si des responsables du parti voulaient harceler les villageois, il  faudrait d’abord tirer une balle sur lui. Il s’est avéré qu' ils ont trouvé un moyen d’intimider les villageois sans tirer sur le Président.

L’excuse de l’élite pour son opposition à la RDA était que le développement organique de la RDA était trop lent et par conséquent l'argent et les efforts étaient déversés dans  les programmes gouvernementaux qui imposaient par la force la collectivisation aux Tanzaniens ruraux, créant des parodies de villages ujamaa . Chanika et Mvuti, les villages qui m’ont tellement impressionné en 1990, faisaient partie de ce programme ; mais peut-être qu’on m’a montré les meilleurs exemples ; peut-être que je n'ai pas vu ce qui se passait dans les coulisses. Dans l’ensemble, la transformation des villages ne fonctionnait pas bien, en raison du manque d’engagement des membres qui ne voulaient pas initialement en faire partie. La plupart des villages n’ont pas pu être autosuffisants en nourriture, et ont sollicité des aides de l’État.
 
Ujamaa n'est en aucun cas un concept dépassé

Ujamaa représente maintenant le programme de collectivisation des villages ("villagisation") des années 1970, après la destruction de la RDA. En fait, c’est la seule chose écrite sur la page Wikipedia de « ujamaa » – sans aucune mention de la RDA. Mais la RDA était tout sauf le programme de « villagisation » d’Ujamaa. En fait, dans son livre Liberté et Développement, Nyerere avait écrit en 1968,  : « un village ujamaa est une association bénévole de personnes qui décident de leur plein gré de vivre ensemble et de travailler ensemble pour leur bien commun. Eux, et personne d’autre, prendront toutes les décisions relatives à leur travail et à leur mode de vie ». Ce n’était clairement pas le cas pour les soit-disant villages Ujamaa après 1969. Ibbott critiquait Nyerere sur un point, le pouvoir qu’il avait donné au comité central vénal du parti. Ironie du sortt, Nyerere tentait d’éviter la tyrannie de l’ « homme fort », comme s’était le cas dans d’autres régions d’Afrique, mais en essayant d’être plus démocratique, il a contribué à la destruction de sa vision bien-aimée de l’ujamaa.
Imaginez que la RDA ait survécu, qu'elle se soit étendue de la même manière que le programme de villagisation, dans l’ensemble de la Tanzanie rurale. Pensez-vous une seconde qu’un véritable système Ujamaa aurait été accepté ou même autorisé par la communauté internationale ? Bien sûr que non. Toute tentative par la population, de s’organiser de manière coopérative, non hiérarchique, plutôt que d’être contrôlée par le haut soit par la gauche soit par la droite, a été diabolisée et réduit à néant — de la Commune de Paris et du territoire libre de Makhno en Ukraine à la CNT pendant la guerre civile espagnole. Les puissants ont même réussi à diaboliser le nom de ce genre d’organisation, en semant la confusion dans l’esprit des gens, en l’assimilant à de l’anarchisme, de la violence et au chaos. Puisque vous lisez cet article, vous réalisez sans doute que c’est tout à fait le contraire. Cependant, la plupart des gens ne s'en rendent pas compte, ce qui signifie que les puissants ont largement réussi.
 
Cependant, ce que nous avons maintenant, qu’aucun de ces groupes n’avait, y compris le Ruvuma Development Association, c'est internet. Faites des recherches en ligne avec les mots systèmes d'énergie des collectivités, agriculture soutenue par la communauté, les coopératives de crédit, open source, crypto-monnaies, coopératives d’habitation, coopératives de travail, sociétés mutuelles et communautés d'intention. Il y a encore beaucoup de gens, créant des alternatives coopératives et non hiérarchiques au système de commandement et de contrôle élitiste, corrompu, corporatif et mu par le profit. Vous pouvez maintenant  facilement les trouver et les soutenir.
L’histoire des 17 villages inspirants de Ruvuma (l’un d’eux est toujours considéré comme un village Ujamaa) peut maintenant se propager largement ; et Millinga aujourd'hui décédé, peut devenir un héros pour une nouvelle génération, grâce à l’ouvrage inspirant de Ibbott (qui est toujours en vie et habite en Écosse), qui n’a quasiment jamais été publié. Je vous conseille de l’acheter, de le lire, de le donner à quelqu'un d’autre et de faire circuler l’information.
Re-blogue de The Land Magazine

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Au Japon, FUREAI KIPPU: aide aux personnes âgées et monnaies complémentaires

4-Dez-2017

Le Fureai Kippu (littéralement ‘billet en échange de relations bienveillantes‘) fait allusion à plusieurs systèmes et réseaux de soutien mutuel destinés à offrir de l’aide aux personnes âgées en échange d’une monnaie complémentaire.
Ces systèmes permettent à des individus de gagner des crédits-temps en échange de soins à des personnes âgées ou ayant un handicap. Ces crédits peuvent être alors transférés à des parents ou amis qui ont besoin d’aide, ou épargnés pour plus tard quand les aidants seront âgés ou malades. L’un des deux  modèles de Fureai Kippu ressemble beaucoup aux banques du temps traditionnelles, tandis que le second permet des transactions en monnaie conventionnelle en plus des crédits-temps pour les services rendus.
Les systèmes Fureai Kippu peuvent être considérés comme les équivalents japonais des banques de temps collaboratives. Le terme de Fureai Kippu est employé depuis 1992.
Objectif
Le Fureai Kippu vise à développer et renforcer les réseaux de soutien mutuel des soins non médicaux aux personnes âgés dans un pays qui doit relever le défi d’une population vieillissante, du déclin de l’aide familiale aux aînés et des coûts exorbitants des soins de santé.
Vue d’ensemble de la population
Le  Japon est un pays d’environ 128 millions d’habitants. C’est le pays dont l’espérance de vie est la plus longue sur terre (ONU, 2006). On estime que les Japonais nés pendant la période 2010-2015 vivront 83,5 ans. Avec le baby-boom d’après-guerre, suivi d’une forte baisse du taux de natalité, la population japonaise vieillit rapidement. En 2009, environ 22,7% de la population avait plus de 65 ans, et si la tendance se poursuit, en 2050 presque 40% des Japonais auront plus de 65 ans.
Organisation et histoire
La fondation Sawayaka Welfare est une organisation à but non lucratif créée en 1991 qui chapeaute les systèmes locaux des Fureai Kippu au Japon. Comme dans les banques de temps au Royaume-Uni, elle encourage les bonnes pratiques et aide les initiatives locales. C’est Tsutomu Hotta, à qui l’on doit le terme Fureai Kippu, qui a créé cette fondation.
Le Japon a une longue tradition d’aide bénévole et d’assistance réciproque qui date de la période suivant la seconde guerre mondiale. La première banque de temps du monde, la Banque du Travail Bénévole, a été fondée à Osaka, au Japon, en 1973. C’était un réseau de bénévoles se prêtant mutuellement assistance au moyen d’une monnaie complémentaire basée sur le temps passé, qui s’appelait ‘la monnaie Amour’. Bien que ne faisant pas partie du système Fureai Kippu, cet exemple a montré la voie d’une application au Japon tout entier.
Le Fureai Kippu est né dans les années 1980, période pendant laquelle des centaines de groupes associatifs d’aide mutuelle ont éclos dans tout le pays. Le modèle prédominant de Fureai Kippu s’est développé parmi ces groupes, suite à l’introduction de modalités de remboursement assez différentes de celles des banques de temps conventionnelles qui existaient déjà au Japon à l’époque. Dans le Fureai Kippu, les bénévoles pouvaient décider de combiner la devise officielle (le yen) et les crédits de temps : ils pouvaient choisir de gagner des yens, des crédits de temps ou les deux, en échange du service rendu.
Selon les données de 2012, 38% des Fureai Kippu sont gérés par de petites associations, 21% par des collectivités locales ou des organismes para-publics, les 41% restants sont gérés par deux organismes à but non lucratif.
Impact
La recherché a montré que le système de  Fureai Kippu a joué un rôle positif en améliorant à la fois la santé physique et psychologique des bénévoles et des bénéficiaires de services. Il a aidé à améliorer les conditions de vie et le lien social des personnes vulnérables et enfin il a permis d’établir des relations plus égalitaires entre les membres bénévoles et les bénéficiaires, grâce à l’échange d’argent (quand il a lieu).
Globalement, le Fureai Kippu s’est établi en tant que complément efficace aux ressources en soins médicaux professionnels classiques. Il est perçu comme étant moins hiérarchisé et plus humain que le système de soins national.
Détails des paiements

Chiffres

En 2012, 391 filiales Fureai Kippu. Pas de données plus récentes.

Unité

Les credits-temps sont un moyen d’échanger. L’unité est l’heure.

Emission

Billets et bons d’échange, encore peu de systèmes électroniques

Informatique

Le Club de la Vie Active Nippone a introduit des logiciels spécifiques pour saisir les transactions dans ses 130 antennes, ce qui leur permet d’établir des statistiques. Cependant émettre et rembourser des crédits-temps se fait à la main, comme pour une comptabilité sur papier.

Taxes et conformité

Les crédits-temps des Fureai Kippu ne sont pas imposables, les paiements en yen non plus car considérés comme des dons.

Financement et modèle économique

Gérés par des associations à but non lucratif et des groupes d’aide mutuelle, tous non gouvernementaux, recevant peu de subventions, autofinancement par les cotisations, des dons privés additionnés des paiements des bénéficiaires n’ayant pas de crédits-temps.

Comment ça marche en pratique ?
Une centaine de Japonais immigrants sont membres d’une antenne de Fureai Kippu à Los Angeles. L’un d’eux, Tanaka-San, emmène en voiture sa voisine âgée faire les courses une fois par semaine pendant deux heures et gagne 8 à 10 crédits-temps par mois, une heure de service valant un crédit. Tanaka-San offre ensuite ses crédits accumulés à sa vieille mère fragile qui vit à Tokyo. Sa mère utilise ces crédits pour se procurer une aide ménagère hebdomadaire parmi les bénévoles de l’antenne de Tokyo qui habitent le quartier. Comme sa mère vit seule et a des problèmes de mobilité, elle attend avec beaucoup de plaisir ces visites, disant que ‘C’est comme si c’était ma fille que je ne vois qu’une fois par an quand elle revient de Los Angeles’. Tanaka-San est aussi très heureuse de voir sa mère heureuse et de pouvoir lui apporter une aide indirecte, petite mais significative. Elle fait également remarquer l’importance d’une relation humaine informelle entre sa mère et la bénévole grâce aux crédits-temps, ce qui est difficile à égaler avec des services commerciaux fournis par des donneurs de soins professionnels.
Lectures complémentaires et videos:
Nakagawa and Bovaird (2011), Hureai Kippu – lessons from Japan for the ‘Big Society’. Available at http://www.jlgc.org.uk/en/pdfs/Hureai%20Kippu%20-%20Lessons%20from%20Japan%20for%20the%20Big%20SocietyCESedit17March2011.pdf
Nippon Life Active Club (NALC)  (http://nalc.jp/).
Mayumi Hayashi: A video-interview concerning the Fureai Kippu

 

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