Mouvements autour des SEL

Aktualisiert: vor 6 Stunden 46 Minuten

Entretien avec Matthew Slater à propos du Crédit mutuel

12-Dez-2018

Posté le 27 février 2018 par Dave Darby de Lowimpact.org

Entretien avec Matthew Slater: qu’est-ce que le crédit mutuel, comment peut-il booster l’économie solidaire, et que pouvons-nous faire pour aider ?

 

Voici un entretien avec Matthew Slater, qui est le co-auteur de Money & Society MOOC, un cours en ligne gratuit multidisciplinaire de niveau master. Matthew Slater a co-rédigé le Credit Commons white paper, proposition d’un système monétaire pour une économie solidaire mondiale, fondé sur les principes du crédit mutuel. Il mène une vie nomade, essentiellement sans argent.

 

Ceux qui ne savent pas ce qu’est le crédit mutuel ou collaboratif trouveront ici une introduction à ce sujet. En bref, c’est un système commercial qui, au lieu d’utiliser l’argent de la manière qu’on connaît, crédite et débite un compte. Ainsi, le moyen d’échange ne peut être thésaurisé et le pouvoir n’appartient plus aux banques. Ce système, qui nécessite de la confiance, contribue à construire de vraies communautés et une économie solidaire qui constitue un début d’alternative aux multinationales.

Grassroots Economics est un groupe qui organise des programmes de crédit mutuel pour des commerçants pauvres au Kenya. Le Bangla-pesa est une reconnaissance de dette, émise au lieu d’un compte en ligne. La dette n’a pas besoin d’être rachetée et représente donc un crédit mutuel plutôt qu’une monnaie locale fiduciaire. https://youtu.be/UaspBGmsdLE

 

Dave Darby: Faites-moi une présentation éclair du crédit mutuel ou crédit commun. Imaginez que vous avez 30 secondes dans un ascenseur pour convaincre un milliardaire excentrique qui pourrait subventionner votre travail. Vous diriez quoi ?

Matthew Slater: Nous avons un réseau de plus de 20 000 utilisateurs qui utilisent leur propre plateforme et sont tous connectés, mais le logiciel devient caduc. Nous voulons actualiser nos systèmes afin que toutes ces communautés locales puissent se servir du software standard et des protocoles standards pour entrer en relation d’un groupe à l’autre. Ainsi, nous pourrons nous mettre à instaurer, non seulement des communautés de crédit collaboratif, mais également un mouvement mondial.

DD: Y a-t-il un problème à utiliser de la monnaie ?

MS: Ce sont les banques qui décident qui a accès à l’argent (c’est-à-dire qui a accès au crédit bancaire). Les banques ne sont pas sous contrôle démocratique – elles sont motivées par les sommes d’argent à prêter et l’intérêt que celui-ci peut rapporter. C’est tout à fait antisocial. Donc le problème avec l’argent actuellement, c’est qu’il est effectivement privatisé, comme des tas d’autres choses que les gouvernements contrôlaient jadis, et qu’il est utilisé de façon abusive par les plus riches du monde pour centraliser leurs richesses et leur pouvoir. Le bénéfice obtenu en prêtant de l’argent ainsi que la décision de qui obtiendra des prêts sont entre les mains de quelques-uns. Donc l’argent, qui est intrinsèquement un bien public, est complètement au service d’acteurs privés.

DD: Quel potentiel maximum le crédit mutuel ou collaboratif peut-il atteindre, selon vous?

MS: Tout dépend de votre degré de réalisme. Je dirais que nous tentons de restructurer l’économie mondiale sur la base que chacun aurait la possibilité d’émettre du crédit selon la confiance inspirée. Alors, ce potentiel va jusqu’à un système monétaire qui fonctionnerait pratiquement gratuitement. Cela voudrait dire un crédit pas totalement sans intérêt, car il y a un faible risque et un peu de travail administratif mais ça signifierait qu’au lieu de payer votre maison trois fois, vous la paieriez peut-être juste 1,1 fois. Ca ferait une énorme différence dans la vie des gens ordinaires. Il n’y aurait pas non plus de financement tout prêt pour l’industrie d’extraction des combustibles fossiles, qui est très proche des banques, parce que l’émission de la monnaie refléterait plus fidèlement les valeurs des gens ordinaires. Par conséquent, le grand tournant indispensable pour écologiser l’économie serait vraiment beaucoup plus facile à prendre si le crédit était émis sur une base plus démocratique.

DD: Et à quel point ce changement à grande échelle est-il réaliste, selon vous ? Ou est-ce juste un rêve fou ?

MS: Honnêtement, je pense que c’est un rêve fou. Des idées pour bâtir un monde meilleur circulent depuis Platon mais maintenant le temps presse. Les canons à méthane sont lancés, l’extinction des espèces s’accélère, etc. La civilisation devient extrêmement complexe et fragile et risque de s’effondrer. Je pense que c’est probablement trop tard pour faire quoi que ce soit. Mais je remplis mes obligations envers les groupes que j’aide et je protège ma réputation pour ce monde très incertain qui va venir. Ca pourrait être une bonne idée de faire un webinaire sur ce sujet et d’examiner quelles options risquent de se réaliser. C’est très difficile de l’imaginer. Il y a tellement de variables à prendre en considération – prenons par exemple les centrales nucléaires. En cas d’un quelconque effondrement sociétal, si celles-ci n’étaient pas entretenues chaque jour ou correctement arrêtées, elles tueraient quasiment tout. Certains leur donnent la priorité.

DD: Pensez-vous qu’il y ait la moindre probabilité que ce rêve fou puisse se réaliser ?

MS: Je ne veux pas me prononcer sur cette probabilité parce que je l’ignore. Depuis 2008, je suis extrêmement alarmé par l’état de l’économie. La presse alternative avait raison à propos de la fragilité de l’économie mais elle a sous-estimé la capacité des gouvernements et des banques de faire preuve de cohésion. Je pense que j’avais raison de m’alarmer mais ça continue de fonctionner, donc nous avons sous-estimé la résilience du système en place – du moins jusqu’à présent. Je ne sais pas combien de temps il nous reste ni quand nous atteindrons le point de basculement. Je ne sais pas si ce qu’on prétend est vrai, que 3% de militants suffisent à déclencher une révolution. Ces théories ne veulent pas dire grand-chose pour moi. Toutefois, je suis sûr qu’il y a vraiment urgence – et je ne sais pas si nous avons réellement le temps de penser à autre chose qu’à la survie de notre espèce.

DD: Parlons-nous de crédit mutuel ou de crédit collaboratif ou bien c’est la même chose ?

MS: Notre objectif principal est le développement communautaire et l’entraide. Notre façon de comptabiliser qui a fait quoi pour qui et qui a besoin de faire quoi pour qui, de rechercher un équilibre, c’est du crédit mutuel. On peut aussi considérer le crédit collaboratif comme un moyen de partager et de se rendre service à l’avance. Les termes ne sont pas clairement définis. Le terme crédit mutuel est utilisé depuis longtemps dans le mouvement des monnaies locales et peut sembler un peu plus technique, tandis que crédit collaboratif pourrait paraître un peu plus sympathique aux gens qui rencontrent ce concept pour la première fois. En outre, le mot collaboratif indique que chaque personne du groupe participe à la gouvernance, davantage que le mot mutuel. Mais c’est essentiellement la même chose. Pourtant, le crédit mutuel ou collaboratif n’est pas comme une monnaie locale, comme la livre de Brixton ou celle de Bristol. Celles-ci sont des devises échangeables contre des livres sterling et ça n’a rien à voir avec le crédit.

DD: Comment en êtes–vous venu à tout ça ?

MS: J’ai pris la décision de consacrer ma vie à un travail qui ait du sens et de ne pas me préoccuper d’être payé, pourvu que je puisse me nourrir. Je vivais à Cambridge et j’ai remarqué que la présence internet au SEL du coin avait dix ans de retard et que j’avais les compétences pour leur offrir une comptabilité en ligne et un réseau social primitif, qui sont effectivement les raisons d’être d’un SEL. Ils photocopiaient des listes et se les envoyaient par la poste. Tout ça avait besoin d’être sur un site internet accompagné d’une base de données. Donc, je me suis mis à faire ça. Ca m’a entraîné à explorer le sujet de façon plus détaillée. Dans ce domaine, apparemment personne ne parlait de logiciels libres et gratuits et personne ne semblait anticiper la nouvelle génération de plateformes qui faisaient leur apparition – Drupal, par exemple, devenait très populaire à cette époque. Les systèmes qui existaient avaient tendance à être codés à la main, de toutes pièces. Par conséquent, le message que j’avais pour le mouvement tout entier était très simple : pourquoi n’utilisez-vous pas une plateforme de gestionnaire de contenu, ainsi vous trouverez que votre software est beaucoup plus facile à maintenir. J’avais un partenaire à Genève qui pouvait promouvoir mon logiciel au sein du mouvement, donc nous nous sommes mis à récupérer des groupes qui l’utilisaient et nous sommes passés à l’échelle supérieure. Ces groupes dépendaient de moi et j’étais fortement impliqué dans le mouvement.

DD: Alors, par où commencer - que peut-on faire individuellement ?

MS: Il y a des moyens de militer pour un changement majeur et il y a des façons de changer son propre comportement, à petite échelle, mais vous innovez aussi et vous mettez en place des nouveaux modèles. D’abord, dans les affaires, il s’agit de trouver des façons de réduire l’usage de la monnaie officielle, et par conséquent d’organiser des relations d’échanges bilatérales et multilatérales. Dans le monde d’aujourd’hui, vous ne pouvez pas constituer des circuits fermés ; vous allez toujours avoir besoin d’une pièce d’équipement qui vient de Taïwan ou un branchement téléphonique à payer avec de la monnaie officielle. Mais on peut faire ça par étapes, et plus le cercle grandit, plus il devient utile et plus on peut compter dessus. Ensuite on peut commencer à relier les cercles.

DD: Imaginez donc que je suis un plombier – disons, de Northampton – que puis-je faire ?

MS: Vous pouvez rassembler un groupe de gens qui se rendent mutuellement service. Vous partagerez vos clients et vous ne vous facturerez pas l’un l’autre. Quand vous fournirez des services, vous leur demanderez s’ils peuvent vous donner en échange quelque chose – que vous pourrez utiliser ou que d’autres personnes du groupe pourront utiliser ou encore que vous pourrez échanger. Par exemple, vous trouvez quelqu’un qui brasse de la bière et qui paiera un pourcentage de la facture en bière. Vous pourrez installer une douche ou une nouvelle salle de bain sur la même base. S’il y a un mécanicien dans le groupe, il pourrait proposer une réparation de voiture – pas maintenant si l’auto n’est pas en panne – mais une promesse de réparation, dans l’avenir.

DD: Comment alors répandre cette idée ?

MS: Je ne suis pas un expert de la propagation des idées, mais tout le monde a son propre réseau social – en ligne et hors ligne. Les assurances sont un bon point de départ. Des groupes de personnes qui se font raisonnablement confiance pourraient assurer leurs propres maisons contre l’incendie ou leurs voitures contre le vol. Au lieu de payer une compagnie d’assurances, on peut fournir une assurance à ses pairs. J’ai rencontré en Hollande un gars qui a monté un programme d’assurance mutuelle de téléphones portables au sein d’un groupe de ses pairs. Les tarifs commerciaux étaient d’environ 10€ par mois et il faisait payer 2€, parce que c’est le tarif normal quand on a enlevé le bénéfice. Si quelqu’un perd ou casse un téléphone, le fond lui en rachète un neuf. Vous n’avez même pas besoin d’un abonnement mensuel du moment que les gens promettent d’intervenir et de remplacer un téléphone au besoin. C’est un exercice de renforcement de la confiance car pour faire marcher le crédit mutuel, il faut restituer la confiance dans les communautés. En plus, l’argent ne va pas aux institutions financières multinationales mais directement dans les poches des gens.

DD: Comment relier ces programmes locaux pour en faire un système mondial ?

MS: Nous en sommes loin pour le moment mais il y a besoin de protocoles informatiques pour accomplir ça mais aussi de protocoles sociaux. Si des groupes veulent échanger les uns avec les autres, ils doivent développer des relations de confiance et ils doivent avoir des logiciels prêts, pour permettre aux transactions d’avoir lieu. Le software doit être ouvert, pour se connecter à d’autres groupes qui utilisent le crédit mutuel, afin qu’ils puissent tous échanger entre eux. En clair, ça veut dire qu’un membre d’un groupe, disons de Northampton, peut aller en vacances dans n’importe quelle localité qui utilise un programme faisant partie du système – disons en Ecosse – et payer l’hébergement, la nourriture, les boissons, les cadeaux etc en utilisant le crédit mutuel. Et parce que ce système est multilatéral, quelqu’un d’autre (pas forcément d’Ecosse) peut aller à Northampton dépenser son crédit. Cela marche n’importe où dans le monde du moment que le groupe local fait partie du système. Tous les groupes doivent être en mesure de proposer des choses à tous les autres groupes et d’effectuer des paiements à tous les autres groupes.

DD: Mais cela ne veut sûrement pas dire que chaque groupe faisant partie du système doit faire un accord commercial avec chacun des autres groupes ?

MS: Non, il faudrait former des « groupes de groupes », ainsi les groupes londoniens, par exemple, se rassembleraient. Et ce groupe de groupes pourrait échanger avec les groupes d’Ecosse, du Devon ou de Belgique, par exemple. Ces relations seraient alors encodées dans le réseau mondial. Ce réseau mondial s’appelle le Crédit Commun.

DD: Dites en plus sur la façon dont pourrait fonctionner ce Crédit Commun.

MS: Il faudrait obtenir ces accords entre tous les groupes, les groupes locaux faisant partie de groupes plus grands, de façon à ce qu’il y ait mondialement une structure hiérarchique, ou plus exactement une structure gigogne. Et ces accords doivent avoir un parallèle dans le software qui permet des paiements sans friction entre les groupes. Dans la mesure où vous pouvez satisfaire vos besoins dans votre communauté, vous n’avez pas besoin d’utiliser de l’argent.

DD: Maintenant quelques questions basiques qui nous ont été posées depuis que nous avons commencé à promouvoir le crédit mutuel. Premièrement, comment les échanges sont ils enregistrés ?

MS: Chaque groupe local a son registre, sa propre technologie et son propre choix de logiciel, du moment que ce logiciel est capable de communiquer avec les autres groupes, au moyen du protocole du Crédit Commun. Nous offrons un système Drupal, qui permet, par exemple, au groupes locaux d’échanger en interne. Il ne prend pas seulement les versements, il comprend aussi des messageries, des offres, des demandes, etc.

DD: Et si vous entriez dans une boulangerie près de chez vous faisant partie de votre programme local, comment payez-vous votre miche de pain ?

MS: Nous ne sommes pas encore allés très loin dans les paiements commerciaux parce que la plupart des membres des groupes avec lesquels nous travaillons ont un caractère non commercial. Il s’agit plus d’entraide entre voisins. Des groupes comme la Livre de Brixton sont plus avancés sur ce plan ; ils ont la technologie SMS et une appli qui permet de faire des paiements.

DD: Comment empêcher la fraude?

MS: Ca dépend de la technologie employée. Mais les gens se connectent à leur compte avec un nom d’utilisateur et un mot de passe, donc c’est la même procédure que pour prévenir n’importe quelle usurpation d’identité . La « monnaie » du crédit mutuel ne peut être volée comme une monnaie ordinaire. La monnaie ordinaire, c’est une chose concrète que vous possédez, c’est à vous. Avec le crédit mutuel, il n’y a rien de concret, seulement une trace de ce que vous avez échangé et ce qu’on vous doit. Il n’y a rien à voler.

DD: Et pour les personnes âgées ou malades, quelle protection sociale pourrait-il y avoir ?

MS: Chaque groupe est libre de distribuer du crédit selon son système de gouvernance. Un groupe local pourrait décider de prélever une « taxe » pour s’occuper des personnes non valides, par exemple une taxe de 2% sur chaque transaction pour subventionner des visites aux personnes âgées ou malades, deux fois par jour. Le système de gouvernance serait décidé par les groupes locaux. La gouvernance pourrait être confiée à une ou deux personnes de confiance, ou à un comité élu, ou bien les décisions pourraient être prises selon des techniques sociocratiques ou Loomio. Le système de gouvernance n’a aucune incidence sur la comptabilité. Il garantit simplement que les décisions sont prises dans l’intérêt des membres.

DD: Y a-t-il des limites au crédit ou aux dettes ?

MS: je réponds presque catégoriquement oui, au cas où les gens ayant bénéficié de produits ou de services ne reviennent pas. Les limites doivent être posées des deux côtés car certains sont meilleurs pour gagner que pour dépenser et vice-versa. Chacun dépense ou gagne mais doit revenir à zéro. Peu importe la limite exacte, pourvu que les gens puissent revenir à zéro.

DD: Comment pourrait-on acheter une maison?

MS: Pour acheter une maison, il faudrait avoir un énorme système. Il faudrait parcourir le système de gouvernance pour obtenir quelque chose ressemblant à un découvert pour vous permettre de payer des crédits pendant plusieurs années pour acheter la maison. Votre communauté locale vous connaît et vous fait confiance et reconnaît que vous pouvez fournir des produits et des services utiles au système pour gagner les crédits qui paieront votre maison au fil du temps. Il faudrait évidemment qu’il y ait des constructeurs de maison dans votre communauté ou des gens désirant vendre leur maison à crédit. Ceci devrait se produire progressivement.

DD: Et l’épargne?

MS: Le problème avec l’épargne, c’est qu’elle doit être compensée par des emprunts faits par d’autres. Le système de gouvernance pourrait gérer ça, ou dire que tel programme particulier est seulement pour les liquidités et que l’épargne doit être sous une autre forme, un autre actif ou d’autres règles. Cependant, si vous pouviez obtenir de votre communauté ce dont vous avez besoin et que la communauté s’occupait de vous en cas de besoin, vous ne devriez peut-être pas épargner autant. Mais autre chose pourrait se produire, des membres du programme pourraient mettre en place une caisse d’épargne. Il vous faudrait obtenir du système de gouvernance une extension à votre limite de crédit et ensuite vous garderiez ces crédits à la banque. La banque n’émettrait pas de crédit, elle gérerait simplement les crédits entre les emprunteurs et les épargnants. Voici un moyen possible pour des emprunteurs d’acheter une maison. La banque pourrait percevoir des frais (en crédits) mais ne facturerait en aucun cas des intérêts.

Matthew Slater développe des logiciels pour des monnaies complémentaires. Il est co-fondateur de Community Forge, qui héberge gratuitement des logiciels pour les systèmes de crédit collaboratifs ; il est co-auteur du MOOC Money & Society, un cours en ligne multidisciplinaire gratuit de niveau master. Il a co-rédigé le livre blanc de Credit Commons, une proposition pour un système monétaire mondial d'économie solidaire, basé sur les principes du crédit mutuel.

https://youtu.be/UaspBGmsdLE  http://Grassroots Economics  http://Here’shttp://Money & Society MOOC

Source : https://www.lowimpact.org/interview-with-matthew-slater-whats-mutual-credit-how-can-it-help-the-solidarity-economy-and-what-can-we-do-to-help-plus-webinar/

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A Vancouver, des containers transformés en outilthèques nouvelle formule

4-Nov-2018

A Vancouver, des containers transformés en outilthèques nouvelle formule

Résilience

Au printemps prochain, les habitants de Vancouver trouveront peut-être que la location de matériel de camping sera aussi facile que l’emprunt d’un livre à la bibliothèque. Le projet “La Choserie”, Thingery project, est une initiative lancée par le fondateur de l’outilthèque de Vancouver, Chris Diplock. Le premier projet pilote de la Choserie a été mené pendant l’été 2016. Au cours des mois suivants, Diplock a conclu des accords avec la ville de Vancouver, avec une coopérative locale de crédit et diverses associations de quartier pour faire vivre le concept.

Une Choserie, selon le site web du projet, est une librairie d’objets en self-service, organisée en coopérative, logée dans un container de transport aménagé. Les objets, par exemple des outils, des équipements sportifs ou du matériel de cuisine, sont des dons ou des achats collectifs effectués par les membres de la Choserie. Les emprunteurs réservent les outils en ligne et les récupèrent grâce à un système de code d’accès. Les membres paient une seule fois une participation de $50 et ensuite une cotisation annuelle de $29 pour avoir accès à une multitude d’outils. Il faut aussi ajouter une somme modique pour emprunter certains outils mais la plupart sont gratuits.

Un des objectifs de Diplock était de reprendre le concept de l’outilthèque qu’il avait créée en 2011 dans davantage de quartiers de Vancouver. Dans une ville aussi étendue, se rendre jusqu’à un site unique d’outilthèque n’est pas faisable pour de nombreux Vancouverois. « Nous voulions avoir une sorte d’outilthèque à l’échelle d’une bibliothèque de prêt, avec de nombreuses filiales mais notre outilthèque ne pouvait pas atteindre cette envergure,» dit Diplock. « Ce que nous voulons faire, c’est mettre [ces structures semblables aux outilthèques ] directement dans les quartiers et en libre-service. » Diplock dit que le niveau d’adhésion suscité parmi les habitants a été un puissant facteur de motivation. « Nous nous réjouissons de soulever tant d’intérêt dans la population. » Il dit qu’il est encore trop tôt pour établir un profil détaillé des utilisateurs actuels et potentiels. « Nous n’avons pas encore un réel aperçu de qui sont nos emprunteurs mais nous nous attendons à une grande variété, étant donné le problème du manque d’espace pour beaucoup de gens qui vivent dans d’assez petits appartements et copropriétés. Ils n’ont donc pas envie de posséder des équipements qui prendraient de la place. »

La première « Choserie » a ouvert le 2 décembre à New Westminster. Quatre autres lieux dans l’agglomération de Vancouver sont en chantier, avec l’ouverture prévue début 2018. Chaque Choserie appartient à une coopérative de quartier autogérée qui organise aussi les dons et les achats groupés. Julia Hulbert, administratrice de la Choserie Kitsilano, supervise cette Choserie dont l’ouverture est prévue en février de l’année prochaine à Kitsilano près du centre de Vancouver.

« Il n’y a pas d’endroit à Kitsilano où on peut juste louer des outils ou du matériel de camping et il existe un vrai besoin. On a des étudiants, de jeunes familles et d’autres personnes vivant dans de petits appartements qui n’ont tout simplement pas de place pour un filet de volley-ball ou un réchaud de camping » dit Julia Hulbert. Julia, étudiante en 2ème cycle d’urbanisme. L’utilité de la Choserie ne se limite pas à fournir aux familles des locations de matériel de camping. « C’était un truc sur lequel je suis tombée par hasard sur Facebook et j’ai trouvé le principe vraiment génial, dit-elle. Ce qui m’a attirée, c’était l’idée de me constituer mon propre groupe à Vancouver. L’économie participative offre énormément de potentiel pour rassembler des gens et les aider à créer de nouveaux liens personnels et communautaires. »

Julia Hulbert et ses collègues du conseil d’administration espèrent organiser des évènements de voisinage réguliers à la Choserie et aux alentours. Un nettoyage de la plage est prévu au début du printemps pour motiver les troupes et d’autres évènements sont programmés. « Dans quelques années, j’adorerais que la Choserie Kitsilano atteigne 500 adhérents et qu’elle organise de super programmes dans le voisinage et de solides partenariats avec des groupes locaux. » dit-elle. « Je peux imaginer que le concept se répande dans tout le Canada comme un moyen de rendre l’économie locale de partage aux quartiers. » « Une fois que nous aurons démarré, j’espère emprunter un jeu de pétanque et une paire de raquettes à neige, » ajoute t-elle. « Pour adhérer à la Choserie, ça coûte $50 une fois pour toutes plus $29 par an. Et une paire de raquettes neuves, qui coûte environ $150, peut être louée plusieurs fois par an. C’est vraiment facile de récupérer son investissement. C’est génial aussi de pouvoir emprunter un matériel de grande qualité plutôt que rogner sur les dépenses et de se retrouver avec un matériel qui va vite se détériorer. »

Diplock et Hulbert aimeraient voir le concept s’étendre à toute la région et éventuellement encore plus loin. Diplock dit qu’il a déjà entendu des gens intéressés par l’installation de Choseries à l’extérieur de Vancouver, particulièrement dans les communautés de communes des alentours et en Alberta. « C’est formidable de savoir que nous sommes en train de construire quelque chose d’adaptable aux communautés locales, » dit il. Il encourage les personnes qui seraient intéressées par l’installation de leur propre Choserie locale d’entrer en contact par l’intermédiaire du site web. « Si ça peut marcher ici à Vancouver, ça peut marcher presque partout.

Par Ruby Irene Pratka, republié d’après Shareable, 10 janvier 2018 - traduit par pascale Dey

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Incroyables Comestibles, à Todmorden des légumes cultivés sur place en libre accès

1-Okt-2018

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Le problème:

La croissance rapide des villes met à mal le lien des gens avec leur écosystème alimentaire. Bien que ce problème attire l’attention de certains élus municipaux qui adoptent des programmes et des stratégies durables, les opérations décidées par les équipes dirigeantes en direction des citoyens prennent un temps considérable et n’offrent aucune garantie de résultats. Et si les citoyens engagés dans de petites actions locales avec une approche opposée, de la base vers le haut, pouvaient avoir un énorme impact? Les villes sont des centres pleins de ressources et d’énergie et, en misant sur les contacts avec les amis, les familles, les voisins et les associations locales, il est possible de créer des systèmes alimentaires viables et peu chers.

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